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DECROISSANCE DES FASTES DE LA REPUBLIQUE

Au cours de toutes mes rencontres avec les élus des petites communes rurales, j'ai mesuré la difficulté qu'ils éprouvent pour maintenir en état le patrimoine communal existant et pour faire face à la gestion du quotidien.

Ces difficultés rendent d'autant plus inacceptable les dépenses somptuaires de la vie politique.

Au plan national nous pouvons situer ces fastes ostentatoires avec l'arrivée au pouvoir de Georges Pompidou. Il est le premier chef d'état à voyager autant, amenant avec lui, aux frais de l'Etat des délégations d'industriels. Ensuite, Valéry Giscard d'Estaing apparaît vite comme un monarque au comportement princier. Pour assouvir son goût pour la chasse en Ecosse ou en Afrique, ce seront les avions de la République qui seront mis à contribution. De nombreuses réceptions fastueuses seront organisés sous les ors et les lambris du château de Versailles. Arrivé au pouvoir, François Mitterrand qui a toujours fustigé les dérives monarchiques, se glisse avec volupté dans le luxe et les dépenses de prestige.

Durant les années Mitterrand, le personnel de l'Elysée passera à 800 personnes, contre 500 durant les années Giscard. Félix Guattari dénonce "l'avidité avec laquelle le responsable socialiste et sa suite se sont installés dans le vieilles formes du pouvoir, au mépris des attentes qui les avaient portés." Avec l'arrivée de Jacques Chirac au pouvoir, l'augmentation du train de vie de l'état franchit un cap supplémentaire. Ses fonctions de maire de Paris lui avaient déjà permis de vivre dans le luxe (appartement immense, vacances au Royal Palm de l'Île Maurice, etc.) Dès ses premiers pas en politique, c'est Marcel Dassault, homme de presse et marchand de canons, qui met à la disposition du candidat Chirac, des moyens importants.

Le budget de l'Elysée va littéralement exploser, passant de 3,5 millions d'euros en 1995 à 32,5 millions en 2006, soit 800 % d'augmentation. Le couple Chirac avait déjà largement eu recours aux fonds "secrets" de la Ville de Paris. Entre 1987 et 1994 les prélèvements du couple Chirac sont passés de 532 734 francs à 2 649 497 francs, soit 393 % de hausse ! Est-il nécessaire de rappeler aussi qu'en 2007 les deux principaux candidats à l'élection présidentielle (S. Royal et N. Sarkozy) étaient assujettis à l'Impôt Sur la Fortune ? Le troisième, François Bayrou a été exonéré de cette taxe pour avoir investi dans un élevage de chevaux de course.

$Depuis Nicolas Sarkozy, ces dérives financières atteignent, nous le savons tous, leur summum. Au plan régional, nous retrouvons malheureusement ces mêmes comportement mimétiques. Michel Vauzelle, président socialiste du Conseil Régional Provence-Alpes-Côte d'Azur aime le confort des hôtels de luxe. Ainsi dédaignant son logement de fonction à l'Hôtel de Région, Michel Vauzelle a donc séjourné pendant quelques temps dans l'un des plus célèbres et des plus onéreux hôtels de Marseille. La note étant à la charge du Conseil Régional...

En 2004 le montant global des indemnités perçues par élus locaux s'élevait à 1,305 milliards d'euros. Il est passé à 1,461 milliards d'euros en 2007, soit une augmentation de 10 % ! L'apologie d'un système productiviste et mortifère transcende les clivages politiques. Il en est ainsi pour la construction de véritables palais. Partout en France, déferle une vague de construction d'hôtels de Régions prestigieux et onéreux. A Lyon, le socialiste Jean-Jacques Queyranne a fait construire un hôtel de région de 46 000 mètres carrés sur onze étages ! Coût de l'opération : 123 millions d'euros.

A Lille, autre métropole socialiste, les locaux du conseil régional sont encore plus grands et fastueux, avec un montant de l 'opération de 150 millions d'euros. L'hôtel de Rennes-Métropole (380 000 habitants) s'inscrit aussi parfaitement dans cette inadmissible dérive du faste et du luxe. L'œuvre de 100 mètres de long sur 45 de large (4 500 mètres carrés sur sept niveaux) a coûté la bagatelle de 52 800 000 d'euros ! Il est malheureusement possible de multiplier à l'envie ces exemples.

 

Pour ma part je considère que ces comportements sont de véritables insultes envers les communes en difficultés, et les citoyens les plus fragiles de notre société. De plus, il s'agit de comportements terriblement irresponsables eu égard à l'endettement généré par la construction de ces palais. Objecteur de croissance je suis un militant de la "simplicité volontaire ".

Par conséquent je ne peux que me révolter par ces attitudes.

 

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