500 signatures pour améliorer la visibilité des Objecteurs de Croissance.

 

 

Textes de personnes qui soutiennent la candidature Clément Wittmann

 

LA POLITIQUE ET NOUS

Pour avancer ensemble, accordons nous sur un sens donné au mot : Politique Afin de ne pas engendrer de polémique, on peut se référer au dictionnaire Larousse dans lequel il est écrit : Politique ( Adjectif ) : Relatif à l'organisation du pouvoir dans l'Etat, à son exercice. Homme politique : personne qui s'occupe des affaires publiques. Droits politiques : ceux qui autorisent le citoyen à participer à l'exercice du pouvoir, directement ou par son vote. Politique ( Nom féminin ) Ensemble des pratiques, faits, institutions et déterminations du gouvernement d'un Etat ou d'une société. Politique ( Nom masculin ) Personne qui s'occupe des affaires publiques, qui fait de la politique. Le mot : Politique, on le voit, qu'il s'agisse du nom ou de l'adjectif, est lié à la notion de Pouvoir d'intervention dans les affaires Publiques

La Politique, celle à laquelle se réfère notre Mouvement politique, s'adresse clairement à celles et ceux des citoyens qui s'engagent dans un processus d'accès au Pouvoir pour organiser les affaires publiques, même avec l'intention ferme de l'abandonner dès l'objectif réalisé. Cette initiative semble justifiée par le constat de l'incapacité actuelle des humains de se passer d'une autorité sans avoir atteint le niveau de conscience qui permettrait à chacun d' eux de se commander lui-même . On peut considérer la conquête de la souveraineté personnelle comme la condition indispensable à l'avènement d'une société capable de se passer de la Politique. Encore faut-il que l'individu soit pleinement conscient de l'impact social de son propre comportement. Pour l'instant, au point de lucidité où nous en sommes et au niveau, surtout, de notre compréhension des grands systèmes économiques et culturels qui nous enchaînent, il faut bien se rendre à l'évidence, le chemin est encore long vers une société libérée de la soumission à un pouvoir politique plus ou moins contraignant. Le rôle de la politique ne s'exerce pas dans le champ de la maîtrise du pouvoir personnel ; elle ne peut que tenter de mettre en place des institutions ; des lois et des conventions conciliant cette quête individuelle avec l'intérêt général, accompagner favorablement la démarche d'autonomie en naviguant au plus près de l'inconscience et de l'immaturité du plus grand nombre, c'est-à-dire au plus près d'une réalité préoccupante. Notre engagement en politique, aujourd'hui, signifie cette volonté d'instaurer, à terme, des structures de pouvoir favorables au cheminement heureux, non-violent, vers une véritable société où chacun se commande sans nuire au bien-être de tous les autres, une société où l'intérêt de l'un s'accorde avec l'intérêt des autres. Il nous apparaît que l'assemblage d'individus qui peuplent la majeure partie des pays, dont le nôtre, est loin de constituer cette véritable société. Ce fait résulte surtout de la forme de relations dites " économiques " que nous avons construite, forme de relations qui impose une compétition féroce et coûteuse au lieu d'une complémentarité soucieuse de non-gaspillage et de fraternité. Ce monde là, nous l'avons fait, mais il nous a dépassé. Cette " économie " là est allée au delà de la volonté collective. Elle domine et détruit la Politique jusqu'au rejet de son image, jusqu'au dégoût de sa pratique et de ses praticiens. Notre ambition est de redonner son sens au mot Politique et sa noblesse à l'engagement qui l'accompagne. Nous allons faire de la politique désaliénée à l'Ordre Economique ; nous allons lui restituer sa primauté, la différencier du pouvoir usurpateur qui s'habille de son apparence. Nous allons restaurer la légalité. La légalité est fille de la politique. L'Ordre Economique s'est emparé de la légalité, souvent par la ruse, la force, la corruption, le mensonge ou le maintien en ignorance. Partout, dans le monde, cette légalité s'oppose à la légitimité populaire, celle qui valide la politique. Cette opposition se traduit par la création d'un fossé de plus en plus profond entre le peuple et ses mandataires et par une abstention massive des électeurs au moment des élections. Notre mouvement politique se situe dans le champ du légitime et se doit de restaurer celui du légal ; il se doit de faire en sorte que légal et légitime deviennent synonymes, dût-il, pour cela, s'écarter parfois de la légalité quand cette dernière devient oppressive. Cet ordre qui nous oppresse et qui nous opprime n'est pas une construction des extra-terrestres, il est notre création. Ses propositions ne sont pas définitives ; ses lois ne sont pas immuables. Nous constituons le monde ; si le monde est malade, il faut bien que nous nous acceptions comme malades et que nous considérions nos constructions avec méfiance et suspicion. Lorsque nous assurons qu'il faut nous changer nous-mêmes pour changer la société, c'est d'abord de cela qu'il s'agit, d'une mise en doute de nos acquis, d'une remise en question des valeurs, des postulats et des concepts qui nous gouvernent. Cela, ce n'est pas de la politique, mais ce travail de désaliénation, de déconditionnement, de désimprégnation mentale nécessaire à l'acceptation de faits objectifs, ce travail de libération, entre autres, des axiomes économiques en vigueur, ce travail là représente à la fois la condition minimale à l'imagination d'un nouveau modèle de société et la clé de voûte de notre projet politique. Premier travail, donc, apprendre et s'entr'apprendre, apprendre sans a priori, conscients que des millions de personnes ont pu se tromper pendant des décennies, que la vérité d'une seule personne peut contredire, sans s'altérer, la réalité de millions d'autres, fussent-elles " spécialistes " Accepter de se tromper ; accepter l'imperfection ; accepter de ne pouvoir tout expliquer, tout décrire et tout prévoir. Accepter que le bleu reste bleu quand bien même six milliards d'humains le disent rouge. Une chose dont nous sommes certains, car elle s'impose à nous de manière implacable et aux quatre cinquièmes de l'humanité de façon douloureuse, c'est que le système de gestion économique quasi-unique que nous utilisons n'est pas socialement satisfaisant. Il fonctionne de plus en plus mal et ne survit qu'en s'alimentant des désordres qu'il engendre. L'ensemble des organisations humanitaires s'acharnent à panser les plaies de ses victimes de plus en plus nombreuses. L'ensemble des mouvements politiques dits " progressistes " ou " alternatifs " se démènent pour l'améliorer, mais tous ces efforts conjoints et constants se traduisent par une constance dans l'échec ; pire, la situation s'aggrave. Tout simplement parce que ni les uns, ni les autres ne regardent le problème en face. Ce système est édifié sur des principes architecturaux erronés qui ne sont jamais réexaminés ; sa structure repose sur des fondations mouvantes, ses valeurs étalons sont subjectives et fluctuantes. Ce n'est pas la Politique qui est pourrie ; ce ne sont pas toujours les politiques qui sont pourris. Non ; c'est bel et bien le modèle qui est pourri. Malgré la meilleure volonté de tous, aucune tentative de réforme ne peut aboutir, mais pour comprendre et démontrer cette impossibilité, il faut démonter les mécanismes de la machine. Une fois cette première tâche effectuée, il devient beaucoup plus aisé de distinguer les véritables contraintes, celles auxquelles on ne peut échapper, de celles ,artificielles, qui nous sont imposées par le système lui-même. De cette analyse préalable libérée de la " pensée unique " découle notre stratégie de communication, d'interpellation, d'intervention en paroles et en actes : notre attitude en tant que consommateurs, notre comportement de producteurs, salariés ou non, nos prises de position à propos de l'emploi, du chômage et des retraites, nos exigences en matière d'écologie ou d'éthique générale, notre regard sur les services publics , nos choix de politique agricole et industrielle, notre vision de l'urbanisme et de l'aménagement du territoire, nos projets relatifs à l'éducation, la recherche et la santé, notre conception des relations extérieures et de la défense nationale. Au moment où s'écrivent ces lignes, notre ignorance relative ne nous permet pas de nous exposer publiquement dans les forums ou dans les médias, lorsqu'il va être débattu de politique sociale, mais cette carence ne nous exonère pas d' une implication, au nom du Mouvement ( quand nous l'aurons choisi ), dans les causes humanitaires et celles qui sont clairement définies dans le libellé du document de campagne qui a retenu notre attention. Rien ne nous empêche de nous investir dans la mise en œuvre de circuits production-consommation réduits ou de promouvoir la production saine et les moyens de réduire les dépenses d'énergie. Apparaissons, certes, mais accordons nous le temps d'acquérir les moyens de formuler notre différence, le temps nécessaire à l'élaboration de l'argumentaire de notre politique non-conventionnelle. Comment notre Mouvement peut-il apparaître comme : " non-conventionnel " ? Par son mode d'organisation interne ? Par ses choix en matière de financement ? Par sa non-participation éventuelle aux élections ? Non ! Ces questions de forme discutables et discutées ne fondent pas le non-conventionnalisme du Mouvement. Non ! nous ne sommes pas différents des autres par la forme, nous sommes non-conventionnels sur le fond. Et c'est même la première fois dans l'histoire de l'ère industrielle et post-industrielle qu'un mouvement politique affirme une position de fond aussi nouvelle, aussi révolutionnaire en déclarant : " La croissance n'est pas la solution, elle est le problème ". " Changer ou disparaître. ". " Nous devons engager un processus de décroissance soutenable. ". Aussi révolutionnaire que d'affirmer la nocivité du plein emploi ou celle du profit financier. Pourtant, l'application de ces trois principes dominants de l'économie de marché que sont la croissance, le plein-emploi et le profit,, rompt les équilibres physiques, mathématiques défendus par la raison . Ils détruisent la vie sociale et la vie tout court, car ils sont eco-illogiques Ceux qui ont avancé cette idée de " décroissance soutenable " ont-ils bien envisagé toutes les conséquences, tous le bouleversement de civilisation qu'elle sous-tend. Choisir de décroître, au sens économique " moderne ", c'est choisir délibérément de réduire progressivement l'activité marchande et donc le volume de production, puis de consommation. Ce qu'il importe de comprendre, avant d'aller plus loin dans la proposition, c'est qu'elle ne sera soutenue par personne si elle ne s'accompagne de mesures de compensation, comme un licenciement peut s'accompagner de mesures de reclassement ou le chômage de ses maigres allocations. Dans notre système, la maîtrise du choix de la nature et du volume de la production n'appartient pas au consommateur-usager, qui est en même temps le véritable producteur, le choix de croître ou de décroître appartient aux investisseurs, via l'Entreprise. Dans notre système dominant, nous, simples soldats ou même gradés de l'économie de marché, n'avons pas la maîtrise de nos usages car tous nos revenus sont créés par la production ; tous nos revenus transitent par l'Entreprise, dans le sens production vers consommation . C'est une logique de chantage : ou tu te soumets à l'ordre, aux conventions de circulation monétaire établies, ou tu n'as plus de revenu. Prendre l'option de la décroissance, c'est changer radicalement de conventions, celles que défendent par conviction , peur de la marginalisation ou manque d'imagination tous les politiques de gauche à l'extrême gauche en passant par les écologistes et autres alternatifs, c'est rétablir l'autonomie décisionnelle des usagers en décidant politiquement d'orienter le flux des revenus dans l e sens consommation vers production et non l'inverse. La nouvelle proposition devient alors : " Je ne travaille plus pour avoir un revenu mais parce que j'ai un revenu ". Et là, je redeviens maître de mes choix de vie, je deviens entièrement responsable de mes actes de producteur et de consommateur. Je ne peux plus m'abriter derrière une contrainte extérieure pour excuser mes choix d'activité, je ne peux que les assumer. Je décide , en toute conscience de travailler non seulement pour moi mais pour la collectivité, d'accepter ou de refuser de fabriquer des choses inutiles, nuisibles et non conformes à ma conception de l'éthique. Voilà la démarche politique inédite qui peut être qualifiée de non-conventionnelle. Cette nouvelle manière d'aborder l'économie politique est formulée, débattue, améliorée depuis plus d'un siècle. Sans doute la situation n'était-elle pas encore assez catastrophique, ou perçue comme telle, pour que la théorie soit expérimentée. Pourtant, ce n'est pas plus une utopie que ne l'ont été, en leur temps les revendications de congés payés ou de suffrage universel. A nous, si nous en avons le courage, d'étudier cette idée , de la promouvoir, de l'adapter au contexte actuel et d'élaborer le programme de transition pacifique vers une économie qui s'accorde avec nos valeurs fondamentales de liberté, d'égalité et de fraternité. Si notre démarche aboutit, la société future sera structurée à partir d'une lecture de l'économie très différente de celle d'aujourd'hui. Les critères de gestion des affaires privées et publiques pris en compte ne seront plus artificiels comme la valeur monétaire ou la présence de moyens financiers ; ils feront référence à la rareté réelle, mesurée physiquement, des ressources indispensables à la création et au renouvellement des produits dont nous aurons l'usage. Seule la demande exprimée par la population déterminera la nature et le volume de la production, ainsi que notre manière de produire. Nous nous acheminons vers une économie déconnectée de la rareté relative, rareté organisée jusqu'à la raréfaction criminelle de façon à maintenir, au service d'une minorité, le niveau maximal de profit et la pyramide du pouvoir. Nous allons vers un modèle où la recherche systématique de la minoration de la consommation des énergies, matérielles et humaine, constituera l'essence même du progrès. La régulation de la production et de la consommation hors des critères du Marché à déjà fait l'objet d'études approfondies. Le principe en est très simple : faites, à un instant T, l'inventaire statistique de la production consommée au cours de l'année précédente ; chiffrez arbitrairement la valeur globale des produits en vous référant au prix de vente unitaire effectif de chacun d'eux durant cette période. Créez une masse monétaire globale correspondante. Consultez le dernier recensement de la population et donnez sa part de pouvoir d'achat à chaque citoyen. Demandez à tous les travailleurs de continuer à s'activer comme si de rien n'était. Le processus est enclenché. Petit à petit, l'offre va s'adapter à la demande ; le système va évoluer, se décentraliser , intégrer les principes d'autogestion et de démocratie participative. Pour éviter les phénomènes d'inflation et de spéculation, la consommation interne sera payée par une monnaie interne qui s'annule lors de chaque achat, comme un ticket de bus lors du transport. Le distributeur du produit consignera la nature de ce dernier afin que son besoin de renouvellement figure dans la banque de données des producteurs. Les échanges avec l'extérieur continueront de se pratiquer en monnaie commune ou autres devises provenant des échanges internationaux. Le principe de la carte de paiement , à la fois nominative dans son attribution et anonyme en matière de contenu de la consommation, facilite le fonctionnement du système. Voici donc exposé brièvement le fonctionnement d'un modèle rationnel, objectif et démocratique susceptible de remplacer avantageusement celui qui, de nos jours, saccage allègrement la planète et la vie de la majorité de ses habitants. Un autre monde est donc possible. Les modalités de transition vers cet autre monde constituent notre programme d'intervention politique. Il importe que ce programme conduise à l'amélioration de la condition humaine et à la préservation de la Terre quand bien même il n'aboutirait à l'établissement du système envisagé. Notre action consiste à mettre en place les structures qui constitueront les bases avancées d'une prochaine configuration socio-économique et politique conforme aux profondes aspirations de justice des humains, à sensibiliser nos concitoyens à l'idée d'une mutation et à construire les conditions de la légitimation démocratique de notre projet. Voici quelques pistes pour avancer dans ce sens : La Politique en théorie : apprendre et s'instruire : histoire de la politique, les grands courants, les grandes figures : pédagogie de la politique : organigramme du pouvoir : fonctionnement général des institutions politiques, sociales, économiques : lecture de la Constitution, survol du droit constitutionnel : étude des propositions d'organisation alternative des sociétés : étude prospective de l'impact sur l'individu et la société de l'alternative envisagée La politique pratique : exercée dans le champ politique ou para-politique : soutien public aux initiatives des élus " humanistes ", quand elles favorisent notre : projet et se conforment à nos positions fondamentales. : soutien, sous les mêmes conditions, aux partis politiques " humanistes ", associations, : syndicats et simples citoyens, quand ils s'engagent dans la défense de l'intérêt général. : interpellation des partis, syndicats, associations pour dénoncer leurs éventuelles : dérives ou les inviter à soutenir nos propositions. : participation aux manifestations destinées à défendre l'intérêt général : élaboration d'une stratégie électorale : préparations des principaux projets de réforme transitoire, réforme des impôts, réforme : de la propriété foncière, de la législation du travail, de la protection sociale, des pro- : grammes de santé, d'éducation et d'aménagement du territoire. Redéfinition de la : répartition des budgets et de la mission de l'institution bancaire. : instauration du débat permanent : dans les lieux occupés, squats et places publiques, :cafés citoyens et grands médias et sur tous les chantiers expérimentaux de la société : future. Création de comités de quartier, de conseils de village, de colloques, confé- : rences, forums politiques, de livres, de journaux internes et externes. Etc… Expérimentation : allant dans le sens d'une structuration politique, économique et sociale à échelle hu- : maine, prédisposant à la démocratie participative et à la gestion décentralisée : d'un ensemble de collectivités fonctionnant sur le principe de subsidiarité : reconquête de la maîtrise des outils et des usages ; restauration de l'autonomie par la : réappropriation des savoirs et des savoir-faire dans les secteurs vitaux du primaire, du : secondaire, de la santé, de la recherche, de l'éducation et de la communication, en : organisant des stages pratiques ( agriculture, bâtiment, petite industrie, habillement, : artisanat d'art, pédagogie alternative, mécanique, etc…) Ouverture de chantiers col- : lectifs, jardins et ateliers. Mise en place de circuits économiques réduits comme les : Amap ou les réseaux Alliance. Participation dynamique aux réseaux Sel en y ampli- : fiant l'autoproduction concrète. Création de villages écologiques organisés en réseaux : installation de systèmes d'assainissement propres, de production d'énergie économes, : etc… * L'article ci-dessus décrit ce que beaucoup d'entre nous appellent la Politique en actes ; certains y ajoutent des propositions de boycott ponctuels ou définitifs de produits ou de producteurs. Il convient d'être très prudent dans ce domaine, tout d'abord parce que le boycott est très sélectif et que nous oublions de dénoncer der millions d'autres productions où producteurs dont nous ne percevons même pas les méfaits. Ensuite parce que nous participons tous les jours, de manière facile à démontrer, à la pérennisation des façons de faire que nous dénonçons, ne serait-ce que par la constance de nos choix politiques. L'autre raison qui appelle à la prudence en matière de rétorsion consommatrice, c'est qu'elle entraîne des conséquences économiques, dépôts de bilan éventuels et chômage, dont nous ne mesurons pas les incidences politiques, notamment les divisions sociales, les conflits et le durcissement sécuritaire et autoritaire qui en résultent. On ne peut pas, sans danger pour la démocratie, engager des démarches fortement conflictuelles sans proposer de compensations qui satisfassent la majorité des citoyens. Expliquer ne suffit pas ; contrarier la majorité des citoyens sans espoir de compensations immédiates, rapides et supérieures au préjudice qu'ils estiment subir, c'est effectuer un pas supplémentaire vers l'avènement d'un régime de gouvernement que nous n'appelons pas de nos vœux. · La notion de Réforme présente dans l'article sur la Politique Pratique semble contredire celle de Transformation, de Changement radical, de Mutation, qui définit la finalité de nos aspirations . Il ne s'agit pas, ici , de réformes espérées comme définitives, mais de moyens transitoires mis en œuvre pour parvenir au résultat final ( peut-être) en s'appuyant sur des institutions existantes. Quelques arguments, maintenant, à l'attention de celles et ceux qui n'entendent pas se laisser démonter par les objections conventionnelles. La Rareté. C'est le principe sur lequel repose toute l'Economie de Marché : " Ce qui est rare est cher ". De la confrontation de l'offre à la demande naît la valeur marchande et cette valeur est d'autant plus élevée que la demande ( le besoin ou le désir) est plus forte. Ce principe s'applique aussi bien aux services et aux marchandises qu'à la monnaie censée les représenter. Ce mécanisme a commencé à dysfonctionner vers le milieu du dix-neuvième siècle, dans les pays occidentaux, sous l'impulsion de trois facteurs synergiques : le pillage des ressources des pays colonisés, la dématérialisation de la monnaie qui rendait possible la multiplication des moyens de paiement et l'application à l'industrie et à l'agriculture des grandes découvertes en matière d'énergie : la vapeur et l'électricité. En un demi-siècle, nous sommes passés d'une situation de rareté réelle à une situation d'équilibre puis, en vingt ans à peine, de l'équilibre à l'abondance la plus " insupportable " à laquelle on ne cesse de remédier par la destruction des " excédents " et les guerres qui restaurent les conditions du profit. Ce qui est rare est cher, l'abondance tue le profit des entreprises qui, en réponse, licencient et abaissent par là même le volume du pouvoir d'achat dont la chute provoque leur faillite. Depuis la première guerre mondiale, la situation ne cesse d'empirer ; les entreprises ne cessent de tenter de conserver leur marge de profit en gagnant en productivité. Cela à pour effet de " booster " le progrès technologique et d'abaisser les coûts de production, mais d'aggraver en même temps la situation de l'emploi, de diminuer le nombre de clients solvables . Certaines grosses entreprises parviennent, aux dépens des autres et au mépris des intérêts collectifs, à engranger des profits considérables qui laissent penser à une augmentation de la richesse collective, mais, en réalité, cette concentration des moyens financiers ne se traduit pas par une relance de la consommation ; quelqu'un d'immensément riche ne consomme pas nécessairement immensément plus qu'un pauvre . Cette concentration assèche le circuit économique utile et alimente celui de la spéculation qui accélère le processus de création de la misère sur toute la planète. Ce cercle vicieux se traduit par ce qu'on appelle des " crises ", qualifiées de conjoncturelles alors que les faits historiques et l'analyse critique des mécanisme du Marché démontrent qu'elles sont bien structurelles, que c'est le système de gestion qui est obsolète parce que ceux qui en bénéficient et en tirent leur pouvoir n'ont pas voulu prendre en compte les nouveaux paramètres de production et en tirer les conclusions par l'adoption de nouveaux modes de répartition des richesses. La Monnaie : On la croit rare. On croit qu'elle est gagée sur une contrepartie en or. On pense que c'est l'Etat qui la crée, que les banques ne font que gérer l'argent de leurs déposants, qu'elles ne peuvent donc en prêter plus qu'elles n'en reçoivent. Autant de fausses croyances qui altèrent la qualité des décisions de la majeure partie des citoyens. Non, l'Etat ne crée pas l'argent, ou si peu : les quelques pièces qui composent ce qu'on appelle la " monnaie divisionnaire ",à laquelle la Banque Centrale, chez nous Banque de France, ajoute la " monnaie fiduciaire ", les billets. Le total des deux ne représentant pas un dixième de la masse monétaire circulante de notre pays . Non, les banques privées ne prêtent pas seulement l'argent de leurs déposants ; elles en fabriquent la plus grande partie par un simple jeu d écriture. Elles fabriquent la monnaie " scripturale " Il s'agit même là de leur activité principale. Elles conservent une partie des dépôts à laquelle elles appliquent un coefficient multiplicateur qui leur permet de multiplier d'autant le volume de crédits, crédits qui, à leur tour , deviennent de nouveaux dépôts. Et quand elles manquent de réserves, elles en achètent, à la banque centrale, ou sur les marchés financiers, pour les multiplier et les revendre, à crédit. L'argent n'est pas rare, il croît avec l'activité, circule et revient à son point de départ pour être détruit, après avoir drainé dans son sillage, vers son émetteur , les sommes de profits et intérêts qui sont le produit de toute la dépense d'énergie des travailleurs. C'est donc le crédit bancaire privé qui fournit la majeure partie de la masse monétaire qui sert à nos échanges. Pas un centime ne vous parvient s'il n'a été emprunté avec intérêt par quelqu'un d'autre. Mais le plus étonnant de l'histoire, c'est que l'argent reste le propriété de la banque privée alors que sa valeur est garantie par la capacité de production des travailleurs de la nation. La contrepartie en or n'est plus exigible depuis belle lurette. On serait déjà bien en peine de réunir en pièces et en billets la valeur de la monnaie scripturale fabriquée par le réseau bancaire. L'indemnisation du chômage et des retraites : Dans ce domaine, comme dans bien d'autres, le raisonnement ( ?) des occidentaux est assez étonnant. Ils relient la capacité de pourvoir aux besoins des " inactifs " au nombre de travailleurs cotisants en activité, et non pas à la capacité de production de ces travailleurs. Comme si on se nourrissait de cotisations et non de richesses concrètes produites. Raisonnement d'autant plus bizarre qu'ils considèrent comme productifs des milliers d'emplois et de fonctions de qui ne procurent aucune richesse distribuable, emplois qui consomment pourtant une masse considérable de revenus que personne ne conteste, alors qu'ils s'apparentent fortement à des indemnités d'inactivité. Raisonnement d'autant plus illogique encore que plus du dixième des travailleurs potentiels sont maintenus arbitrairement inemployés. Mais le plus incroyable dans tout cela, c'est que la croissance de la production ne s'arrête jamais, qu'elle conserve une vitesse nettement plus élevée que celle du rapport entre les inactifs et des travailleurs. Quand une production de 10 000 unités physiques effectuée par 80 travailleurs satisfait les besoins de 500 personnes, une même production de 10 000 unités physiques réalisée par 40 travailleurs ne peut-elle plus répondre à la demande de ces 500 personnes ? Puisque la production a globalement distribué le même volume de revenus aux travailleurs, dirigeants et investisseurs, où est passée la part de revenus qui permettrait de subvenir financièrement à la demande des inactifs ? Qui en profite ? Et pourquoi faut-il quarante ans de cotisations pour prétendre à une retraite à " taux plein " ? Qui décide de cette durée, qui décide du niveau du taux ? Les cotisants ? Quelle relation peut-il encore exister entre le niveau de cotisation d'une période en cours, le coût de la vie d'une période à venir et le volume de richesses disponibles à cette dernière période ? Sans compter que tout cela se calcule avec un étalon variable ! Le Chômage : celui du chômeur qui vit " aux crochets de la Société " De quelle société ? Celle dont certains des a-sociés construisent leur aisance sur le dos de tous les autres ? Non, c'est plutôt cette pseudo-société qui vit aux crochets des chômeurs, comme de la plupart des travailleurs et des exclus. C'est la recherche systématique, par ces pseudo-associés, de gains en productivité, c'est leur quête méthodique du toujours plus de profit qui fabrique le chômage, ce n'est pas le chômeur. Ce n'est pas le chômeur qui crée les conditions du Marché. Si, pour cette société là, le coût du chômage était plus élevé que celui du travail, nul doute que le chômage n'existerait pas. Peut-être la société, la vraie société, celle dont font partie intégrante les chômeurs et autres exclus, celle dont font partie les travailleurs du public et du privé, les petits patrons, artisans, commerçants, les exilés et les émigrés, les protestants, les catholiques et les musulmans, les gens de droite comme de gauche, les écologistes et les syndicalistes, peut-être cette société là devrait-elle s'indigner du " coût du profit ", du " coût de l'argent ", du " coût de la spéculation " ; peut-être devrait-elle s'inquiéter du " coût de la dette publique " , du " coût du trou de la sécu " et s'interroger sur la nature, l'origine et le bien-fondé de ces dettes ( ?), sur l'identité du créancier, peut-être pourrait -elle observer le " coût de la pollution ", le " coût des missiles et des mines anti-personnel ", le " coût des transports inutiles ", le " coût du travail imbécile ou nuisible ". N'allons pas jusqu'à dénoncer le " coût du grand patronat, ni celui de la haute administration ". N'allons pas jusqu'à faire valoir le fabuleux essor des emplois liés au " traitement du chômage " pour faire comprendre que le chômeur serait bien mal venu de s'aviser de troubler le bel ordre social en brandissant avec véhémence son " droit au travail " , inscrit au préambule de notre Constitution, aux nez et à la barbe de tous les hypocrites. Epitaphe : " Au Chômeur Institué, La Société Reconnaissante " Emigrés, go home ! Le phénomène de migration a toujours existé. De tout temps, les populations se sont déplacées des régions pauvres vers des territoires plus riches. Nous aussi exportons nombre de travailleurs ( ou de chômeurs ?) chez nos voisins et dans presque tous les pays du monde. Nous avons, naguère, pratiqué la migration par la colonisation en allant chercher ailleurs les ressources qui nous faisaient défaut. L'immigration n'est qu'un logique et juste retour des choses. Lorsqu'on vide les greniers d'un pays pour en transférer le contenu dans un autre, les populations locales n'ont d'autre moyen de vivre que de suivre le chemin vers l'entrepôt. La politique inéquitable d'importation des matières première et de ressources vivrières en échange de monnaie et de produits finis que nous pratiquons envers les pays dits " pauvres " achève l'extermination des peuples exportateurs et accélère la migration des malheureux qui veulent y échapper. Ce phénomène d'appauvrissement par la transaction commerciale inéquitable touche l'ensemble des humains " subordonnés " inscrits dans notre système de Marché. Toute exportation d'énergie et de matière première fournies par un individu à un autre est rémunérée par une " importation d'argent " (une rétribution) qui ne peut compenser la valeur du produit fini . Tant que subsisteront ces disparités économiques de l'échange, les richesses consommables s'accumuleront entre les mains de ceux qui les concentrent et les exploités suivront les exploiteurs. La Rentabilité : Toute entreprise qui n'est pas " rentable " est sommée de disparaître . Il en est ainsi pour toute activité du secteur privé comme des services publics (qui, comme aucun " libéral " ne l'ignore, vivent aux crochets de l'entreprise privée). Pourtant, une activité publique, comme une activité privée, est forcément rentable dès lors qu'elle satisfait l'ensemble des usagers. La seule limite réelle à sa rentabilité serait qu'elle consomme plus de ressources et d'énergie qu'elle ne peut en renouveler dans le même temps. Et bien non ! Cette appréciation de la rentabilité n'est pas celle qui est comprise par le peuple et les spécialistes qui le tiennent informé. Pour eux, la rentabilité se manifeste lorsque le résultat financier procuré par l'activité s'avère financièrement profitable pour l'investisseur. Peu importe l'intérêt général, seul compte celui du bailleur de fonds. Mais rassurez-vous, si vous agissez en respectant les contraintes et l'objectif définis dans la proposition du paragraphe précédent, vous êtes assurés de ne pas mettre l'économie réelle en péril. Notre pays vit au dessus de ses moyens : Certes, il en faut, des moyens, pour se permettre autant de gaspillage, pour s'autoriser des jachères, des quotas, des exportations, pour détruire des milliers d'emplois et des tonnes de marchandises invendues, pour abandonner des centaines d'usines, d'ateliers, de petits commerces, pour démonter des milliers de km de vois ferrée. Quelle misère noire ! Quelle épouvantable pénurie ! Il faut bien travailler pour vivre : Quelle dérision ! La somme des revenus déconnectés du travail ajoutée au revenu du capital financier est aujourd'hui bien supérieure a celle des revenus procurés par l'activité salariée ou libre. Sans compter qu'une immense partie des emplois d'aujourd'hui pourraient disparaître sans aucun dommage pour l'économie réelle . Ce ne sont que des emplois-prétextes qui rendent crédible et maintiennent l'ordre établi. Une économie digne de ce nom servirait mieux l'intérêt général en attribuant directement des revenus aux gens qui les occupent sans qu'ils viennent travailler. Ne serait-il pas plus intelligent et plus digne de dissocier le couple revenu-travail et de se partager tout simplement les tâches utiles et indispensables, plutôt que de maintenir les hommes en esclavage par le chantage pendant la plus grande partie de leur vie ? Il faut de l'argent pour vivre : Affirmation totalement démentie par les bambous, les chameaux, les baobabs et les colibris. Si l'argent à besoin de l'économie, l'inverse est absolument faux. Les générations futures auront bien raison de douter de nos facultés intellectuelles. : La Croissance tire l'économie : mais bon sang , mais c'est bien sûr ! Comme la croissance du bébé fait grandir la blédine . Comme l'accélération de l'auto augmente l'alimentation en carburant ! On croit rêver ; qui aurait pu imaginer qu'un jour ce ne serait plus l'augmentation de l'activité qui accroîtrait la production, mais l'inverse ? Décidément, on n'arrête pas le progrès ! Stop ! Assez de malice On pourrait allonger encore la liste des incohérences, tant les contradictions internes de l'économie de marché en provoquent. L'important n'est pas d'en rire, mais de prendre conscience et acte de l'impossibilité de réformer un système qui n'est pas réformable. Comme le dit si bien Albert Einstein : " On ne résout pas les problèmes avec les modes de pensée qui les ont engendrés "

M. Groussain, les 20 Mai et 22 Décembre 2003

Post-scriptum : " … Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ".

( Constitution du 24 Juin 1793 - article 35 )