500 signatures pour améliorer la visibilité des Objecteurs de Croissance.

 

 

Textes de personnes qui soutiennent la candidature Clément Wittmann

 

MORTELLE CROISSANCE ET RESPONSABILITE

La croissance de la production économique invoquée comme une bénédiction par tous les responsables politiques, patronaux et syndicaux représente le plus grand et le plus imminent des dangers pour la survie de l'humanité.

En effet, si on sait globalement que la croissance de la production économique engendre l'épuisement inexorable des richesses naturelles, on peut aussi en détailler comme suit les méfaits connexes : croissance des déchets, croissance de la pollution de l'eau et de l'air, croissance de la destruction de la couche d'ozone, croissance des maladies qui en résultent, croissance de la consommation des ressources non-renouvelables en énergie et en matières premières, croissance de la concurrence, des gains incessants en productivité et du chômage qui en découle, croissance du chacun pour soi, des conflits sociaux, des guerres économiques et des affrontements armés qui les suivent invariablement.

Cet accroissement monstrueux de la dégradation de l'homme et de son environnement ressemble à l'évolution d'un cancer incurable. A la vitesse à laquelle progresse la maladie sur l'ensemble du globe terrestre, toute existence humaine pourrait y devenir impossible en moins d'une génération. Pourtant, dans les pays industrialisés dits " riches " (qui croulent sous le poids des produits invendus et invendables), cette sacro-sainte croissance ne répond plus à une exigence économique réelle. C'est une contrainte arbitraire qui résulte, au premier rang, des conventions monétaires et financières propres au " système " actuellement dominant, système organisé de manière à pérenniser, en utilisant l'économie, un " ordre du pouvoir " établi . Nous pouvons, sans aucun dommage pour notre niveau de vie, entreprendre un processus de décroissance de la production pléthorique de biens et de services dans les pays occidentaux.

A l'examen de la demande exprimée par les consommateurs pour satisfaire leurs usages, aucune nécessité première ne semble s'opposer à cette démarche. Seule l'application des " lois du Marché " induit l'obligation de gaspillage de matière et d'énergie dans le cycle de la production, de la répartition et de la consommation. La croissance ne constitue que la réponse à l'obligation de produire encore et encore pour pouvoir créer et introduire l'argent, le sang de l'économie moderne, dans le circuit des échanges, tout en répondant à l'obligation intenable de remboursement d'une dette perpétuellement consolidée , en raison de l'ajout, au capital crée puis prêté par la Banque, du tribut appelé " intérêt ", cet intérêt qui est à la Banque ce que le profit est à l'Entreprise. Or l'argent n'est pas un élément physiquement indispensable au fonctionnement de l'économie. Rien d'autre que les conventions du système, n'oblige à exprimer la richesse sous une forme de valeur monétaire. La production de biens et de services ne consomme pas, ne " coûte " pas, un milligramme de monnaie.

Ce système ne nous vient pas de Mars ou de Pluton.

Il est le nôtre. S'il provoque plus de nuisances qu'il n'apporte de satisfactions à l'immense majorité de la population, on peut dire qu' il s'oppose à l'intérêt général. S'il oblige à consommer plus d'énergie et de matière qu'il ne peut en restituer dans le même temps, il n'est pas " économiquement rentable ", (quand bien même il le serait pour les détenteurs de capitaux). Dans les deux cas, nous, les citoyens, avons le droit et le devoir de pourvoir à son remplacement. Faute d'agir en ce sens, nous n'aurons aucune circonstance atténuante pour justifier les conséquences délétères de notre gestion ou de notre immobilisme.

Notre obstination aveugle à ne pas remettre nos croyances et nos pratiques mortifères en question fait de nous, sans aucune excuse, les fossoyeurs de nos propres enfants. Par contre, les pays que nous qualifions de " pauvres " ont un besoin urgent d'améliorer les conditions d'existence matérielle de leurs habitants. Il est juste qu'ils y parviennent, sans toutefois imiter nos excès. Il nous faut donc accepter de réduire notre volume de production et, subséquemment, de consommation, jusqu'au point d'équilibre de niveau de vie entre les populations dites aujourd'hui riches et pauvres, au seuil de compatibilité avec la pérennisation des ressources de notre petite Terre et avec sa capacité d' absorption de nos déchets. Puissent nos gouvernants, nos " capitaines d'industrie ", nos grands économistes patentés, nos dirigeants syndicaux, nos journalistes des médias " autorisés " et tous les gardiens et promoteurs du modèle " croissanciste " prendre rapidement conscience de leur responsabilité d'acteurs majeurs de la préservation de la vie, pour ne pas avoir un jour à répondre de crime contre l'humanité ( Si celle-ci a encore une espérance de futur)

Marc Groussain, le 8 Décembre 2004